Le temps glisse, imperceptible et tenace, comme l’eau d’un ruisseau sur des pierres polies par les années. Chaque instant, invisible, effleure la peau, laisse une trace subtile que seul le cœur ressent. Le soleil se lève et retombe, les ombres s’étirent et se replient, tandis que la vie, implacable, poursuit sa course silencieuse.
Les saisons s’enchaînent, le vert éclatant de l’été cède à l’or fragile de l’automne, puis à la blancheur paisible de l’hiver. Le printemps revient, renouvelant la promesse d’un départ nouveau qui, pourtant, ne trompe pas l’horloge qui bat en nous. Chaque rire, chaque larme, gravé dans le livre sans fin que le temps écrit, témoigne d’une histoire où nul ne peut revenir en arrière.
Le temps, capricieux et souverain, emporte les jours dans sa marée sans retour. Pourtant, au milieu de cette fuite inexorable, il existe des instants suspendus, précieux comme des perles, où l’éternité semble se glisser entre deux battements de cœur.
Le temps qui passe est à la fois un maître sévère et un allié secret, offrant à ceux qui l’acceptent la sagesse d’aimer plus fort, de saisir l’instant, de chérir ce qui est avant que l’éphémère ne devienne souvenir.
Image : Salvador Dali