L’auteur
Marcel Pagnol (1895-1974) est l’un des grands noms de la littérature et du cinéma français. Né à Aubagne, en Provence, il a su capter, avec tendresse et authenticité, l’âme de sa région natale, qu’il a magnifiée dans de nombreuses œuvres. Écrivain, dramaturge, réalisateur et académicien, il est surtout connu pour ses récits empreints de nostalgie, d’humour et de poésie.
Son cycle autobiographique Souvenirs d’enfance est composé de quatre ouvrages :
- La Gloire de mon père (1957)
- Le Château de ma mère (1957)
- Le Temps des secrets (1960)
- Le Temps des amours (posthume, 1977)
Dans cette tétralogie, Pagnol raconte son enfance dans les collines provençales, son éveil au monde, ses relations familiales, ses premières amitiés et ses premiers émois amoureux. Ces œuvres, à mi-chemin entre la chronique et le roman d’apprentissage, ont conquis des générations de lecteurs par leur ton chaleureux et universel.
Descriptif de l’œuvre
La Gloire de mon père est le premier tome de la série Souvenirs d’enfance, publié en 1957. Ce récit autobiographique raconte l’enfance de Pagnol, notamment ses souvenirs marquants dans les collines de Provence. Le style est simple, poétique et plein de chaleur. À travers les yeux de l’enfant qu’il fut, l’auteur évoque les liens familiaux, la découverte de la nature, et surtout l’admiration qu’il portait à son père.
Résumé
Le livre s’ouvre sur la naissance de Marcel dans une famille modeste. Son père Joseph, instituteur laïque, et sa mère Augustine, fervente catholique, l’élèvent dans un foyer aimant. Un été, la famille part en vacances dans une bastide près d’Aubagne, dans les collines de Garlaban. Ce séjour devient pour Marcel une aventure inoubliable. Il découvre la nature, la chasse, et surtout, assiste avec fierté à un moment de triomphe de son père, qui abat deux bartavelles (perdrix royales) lors d’une chasse — un exploit que le jeune Marcel vit comme un moment d’éternelle gloire.
Mon avis
La Gloire de mon père est un livre profondément touchant. À travers la plume nostalgique de Pagnol, on ressent l’émotion sincère d’un homme qui se retourne avec tendresse sur son passé. C’est un texte universel sur l’enfance, la famille, l’admiration filiale et les souvenirs qui forgent une vie. Le ton est doux, souvent drôle, parfois mélancolique. Une lecture qui fait du bien, idéale pour se reconnecter à l’essentiel et à la beauté des choses simples.
Extrait
« Mon père leva le fusil, il visa longuement, comme à l’école, et il tira.
L’oiseau fit un grand bond en l’air, battit des ailes, et tomba.
— Tu l’as eu ! cria Lili. Tu l’as eu !
L’autre bartavelle volait encore. Mon père l’ajusta au vol, tira, et elle tomba aussi, en tournoyant.
Alors Lili poussa un cri aigu, et courut dans les buissons.
Moi, je restai paralysé par l’admiration : mon père avait abattu les deux bartavelles ! C’était un exploit qu’aucun chasseur du village ne pouvait se vanter d’avoir accompli.
Il souriait, et son visage était illuminé.
Ce fut, ce jour-là, la plus grande joie de ma vie. »
Un avis sur « La Gloire de mon père – Marcel Pagnol »