Chroniques d’Absurdie

Poésies absurdes et décalées

Des poèmes où les mots s’agitent, le sens glisse, et l’absurde prend place. Influencées par Queneau et d’autres chercheurs de l’insolite, ces écritures jouent avec la langue, les sons et les images. Rien n’est figé, tout dérive — et quelque chose en nous réagit sans qu’on sache pourquoi.

L’Ara et la neige

Un ara jaune et bleu,
Perché sur une branche nue.
Autour de lui, la neige
S’étire en silence.

Il déploie ses ailes,
Large éventail tropical
Dans ce paysage d’hiver,
Blanc et immobile.

La neige continue de tomber,
S’accumulant doucement
Sur ses plumes chatoyantes,
Comme si de rien n’était.

L’ara secoue la tête,
Fait jaillir un nuage de poudre.
Il reste là, fier et étrange,
Éclat de couleur dans l’oubli glacé.

Et sous la branche,
Les traces légères dans la neige
S’effacent
À chaque battement d’aile.

À Lola, mon ara

Le 10 février 2025

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