Buchenwald : le 11 avril 1945

« Vue sur la plaine du camp de concentration de Buchenwald »
Extrait : le Belge  (Amazon Ebook / papier)  

 » Beaucoup de camarades me demandent alors comment j’ai fait pour conduire nos libérateurs jusqu’au camp. Non sans émotion, je leur dit ceci : 

— J’ai participé comme chef de groupe à l’action armée de libération. 

J’ai reçu l’ordre de Mathieu Billen d’attaquer avec mon groupe la tour afin de sortir du camp. J’avais cinq Belges et deux Juifs dans mon groupe. Nous n’étions porteurs d’aucune arme à feu, mais d’armes blanches. Le groupe allemand qui sortait avec nous était en possession de révolvers et de carabines. J’ai récupéré deux grenades à manche et, sur les hauteurs des casernes SS, j’ai vu des SS qui se repliaient en désordre et qui étaient en contact avec nos groupes de choc tchèques, polonais et allemands.

J’ai contourné la caserne à gauche du camp et, dans un village, j’ai aperçu des blindés. J’ai pensé qu’il s’agissait de tanks américains à l’arrêt et nous sommes descendus à leur rencontre. Nous étions cinq. Les Américains, surpris par notre arrivée, nous ont mis en joue et faits prisonniers. Ils nous confondaient avec la Volkssturm, la milice populaire allemande. C’est l’arrivée d’un officier français, le lieutenant Bodot, 3e armée américaine, qui nous a sauvés. 

« Paul Bodot dans sa jeep en avril 1945 »
Paul Bodot dans sa jeep lors de la libération du camp de Buchenwald : photo : AFBDK

Mathieu Billen a été témoin de mon exploit ; il déclare :

—Il convient de signaler l’exploit de Léopold Hansen qui ramena un officier français qui vient saluer symboliquement les détenus sur la place d’appel, puis rejoignit son unité. (5)Un article de presse relatera à sa façon cet épisode :« Il faisait, ce 11 avril 1945, en Thuringe, au cœur de l’Allemagne, un temps merveilleux. Le lieutenant Emmanuel Desard et le sergent Paul Bodot, deux Français engagés dans la IIIe Armée américaine commandée par le général Patton, avançaient en reconnaissance. Soudain, ils aperçoivent un groupe de SS désarmés que poussaient devant eux des hommes dépenaillés, en armes. Ils étaient commandés par un Belge, Leopold Hansen. Celui-ci leur apprit qu’ils arrivaient du camp de concentration de Buchenwald, tout proche, qui venait de se libérer. Ce qui nous a estomaqués, ont raconté les deux Français, c’est quand on nous a conduits à Buchenwald, dans une grande baraque qui était pleine de prisonniers SS. Un détenu allemand montait la garde devant les portes, un fusil à la main. D’autres détenus donnaient des gamelles de soupe aux prisonniers… »

Détails sur le livre => Le Belge

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